Après, la DARES, c’est l’INSEE qui confirme la légitimité des revendications des gilets jaunes. Nous reproduisons ci-après le résumé de l’étude l’INSEE publiée le 6 février 2019 et accessible ici.

On retiendra plus particulièrement les éléments suivants :

  • le recours aux contrats courts se diffuse dans tous les secteurs d’activité et plus particulièrement dans l’industrie ;
  • les cadres sont la catégorie socio-professionnelle la moins touchée ;
  • les contrats courts se sont étendus à toutes les classes d’âge :  en 1982, 61 % des salariés en contrat court avaient moins de 25 ans ; en 2000, cette part n’était plus que de 39 % ; en 2017, elle s’élève à 27 % (figure 3). Les jeunes restent toutefois plus fréquemment en contrat court que leurs aînés. Ainsi, en 2017, 15,2 % des moins de 25 ans occupant un emploi sont en contrat court, contre 4,2 % pour les 25-49 ans et 2,4 % pour les 50 ans ou plus. La majorité des jeunes en contrat court ont terminé leurs études initiales. 
  • dans bien des situations, ces contrats courts ont pour particularité d’être à temps partiel.

Dans tous les cas, nous voyons à travers cette étude se dessiner le développement de véritables poches de pauvreté qui se doublent assurément de carences juridiques : les contrats courts n’ont pas vocation à se substituer à des contrats à durée indéterminée et dans bien des situations, la succession de contrats courts devrait justifier une requalification de la relation en contrat à durée indéterminée.

L’étude confirme ainsi ce qui a été maintes fois entendu sur les ronds-points occupés par les gilets jaunes : travailler ne suffit plus pour éviter la pauvreté.

En moyenne, en 2017, en France, 1,2 million de salariés occupent un emploi en contrat court, qu’ils soient en mission d’intérim ou sur un contrat à durée déterminée (CDD) de moins de trois mois. Ces salariés représentent 4,5 % des personnes occupant un emploi à un instant donné. Cette part est largement inférieure au poids des contrats courts dans l’ensemble des embauches réalisées sur une année.

Après avoir augmenté entre le début des années 1980 et le milieu des années 2000, la part des personnes en contrat court s’est stabilisée, malgré la forte croissance des embauches en contrat court. Ces tendances divergentes traduisent une forte hausse de la rotation de la main-d’œuvre au cours de la période.

Les contrats courts sont plus fréquents chez les jeunes, même s’ils se sont diffusés aux plus âgés. Les ouvriers sont aussi davantage en contrat court, notamment en intérim dans l’industrie.

Par rapport à l’ensemble des salariés en CDD ou en mission d’intérim, les personnes en contrat court sont plus souvent en situation de sous-emploi et expriment davantage le souhait d’avoir un autre emploi.

Un quart des personnes en contrat court sont au chômage ou en inactivité trois mois plus tard. Celles qui sont toujours en emploi trois mois plus tard travaillent le plus souvent chez le même employeur.

Environ 17 % des salariés en contrat court fin 2016 vivent dans un ménage en situation de pauvreté monétaire, contre 8 % pour l’ensemble des personnes occupant un emploi et 38 % pour les chômeurs.

On rappellera qu’une autre étude de la DARES sur le travail atypique avait déjà soulevé le problème.