Le recours au statut d’auto-entrepreneur masque bien souvent un contrat de travail. De telles pratiques permettent d’identifier l’infraction de travail dissimulé. Voici l’un des constats extraits du rapport du Conseil de l’orientation pour l’emploi :

Qui est concerné ? Quelles sont les pratiques ?
Les profils des travailleurs et des employeurs
S’agissant des caractéristiques individuelles des travailleurs non-déclarés, il ressort que :
 les plus jeunes, et dans une moindre mesure les plus âgés, sont proportionnellement plus exposés au
travail non déclaré ;
 les hommes sont légèrement plus représentés que les femmes parmi les travailleurs non-déclarés avec des variations importantes selon les types d’activités ;
 s’agissant du niveau d’éducation, si les peu qualifiés semblent plus exposés, aucune conclusion forte
n’émerge.
Concernant la situation familiale et financière, il apparait que les personnes ayant recours à du travail non déclaré :
 se sentent plus souvent en situation de précarité économique que celles qui n’y ont pas recours, sans
qu’on puisse fonder ce constat sur des éléments objectifs (pas d’analyse par niveaux de revenus) ;
 et que la non déclaration est une pratique partagée avec les proches (familles, amis, connaissances) ; en outre, presque la moitié des personnes qui pratiquent le travail déclaré (résultat de l’Eurobaromètre de 2014 sur le champ de la population européenne) le font pour des amis, collègues ou connaissances,
27 % pour des proches, 18 % pour des voisins, 30 % pour d’autres particuliers et seulement 14 % pour
des entreprises.
Concernant le statut d’emploi, on observe que les chômeurs et les travailleurs indépendants sont plus exposés au travail non déclaré que les salariés. Au sein de la population des salariés, les personnes en CDD ou en intérim apparaissent comme davantage confrontées à ce risque.
Côté employeur/consommateur, l’analyse révèle que :
 les taux les plus élevés se retrouvent dans l’hôtellerie-restauration, le commerce de détail alimentaire, le BTP, le gardiennage mais aussi l’agriculture et les services à la personne (même si, sur ces derniers, les données sont plus fragiles) – il s’agit de secteurs intensifs en travail, reposant sur une part importante
d’emplois faiblement rémunérés, souvent non qualifiés et très dépendants de la conjoncture ;
 les entreprises les plus petites seraient plus exposées au travail non déclaré, sans que toutefois toutes les analyses convergent en ce sens.
Les pratiques
L’accent a été mis ces dernières années, notamment en termes de priorité de contrôle, sur les « nouvelles formes » de la non déclaration. Certes, les pratiques se complexifient et se diversifient mais les formes les plus « classiques » perdurent.