La question peut paraître provocatrice. Elle fait néanmoins l’objet d’un traitement très circonstancié dans une étude publiée en 2019 par le ministère de la fonction publique. Nous en reproduisons ci-dessous un extrait.

Le fait de considérer le temps de travail ou son organisation comme un facteur de risque psychosocial n’est pas une évidence. Dans certains cas, les effets du temps de travail peuvent ne pas faire intervenir de phénomènes psychiques; dans d’autres, en particulier lorsque la conciliation avec la vie personnelle ou familiale est difficile, il est plus généralement admis que ses effets relèvent de la sphère psychique (rapport du collège d’expertise). Toutes les heures ne se valent pas, l’inscription dans un contexte est importante : on peut travailler longtemps sans effet sur la santé dans un travail épanouissant mais plus difficilement dans un travail répétitif et physiquement très exigeant. Les effets des horaires atypiques (de nuit, alternants, du soir ou du week-end) sur les salariés peuvent aussi varier selon les personnes car ils sont dépendants de différents facteurs. Ces derniers peuvent être individuels, comme le chronotype3 par exemple, ou sociaux. Ainsi, la situation personnelle des salariés, leur activité, et s’il s’agit d’un choix personnel ou imposé par des contraintes d’ordre économique peuvent influer sur la tolérance individuelle à cette organisation de travail.
Les contraintes horaires seront ici considérées comme une dimension supplémentaire pour l’évaluation des risques professionnels et psychosociaux, tant le temps de travail et son organisation semblent être multidimensionnels pour l’analyse. En effet, selon les situations de travail, les facteurs de risques peuvent se compenser (par exemple exigences élevées mais soutien social de bonne qualité) ou, au contraire, se renforcer(par exemple exigences élevées et absence de reconnaissance des efforts consentis). Par ailleurs, les facteurs de risques sont d’autant plus « toxiques » pour la santé qu’ils s’inscrivent dans la durée, sont subis, sont nombreux ou sont incompatibles. Le cumul de contraintes est donc un aspect important à prendre en compte.