La question du temps de travail des cadres revient de façon récurrente dans ce blog pour une raison simple : elle donne lieu à un contentieux important relatif à la notion de charge de travail. Nous avons d’ailleurs dans un précédent article montré que cette notion de charge de travail doit être corrélée avec celle de durée de travail et celle d’amplitude.

Une étude de 2015 a poussé l’analyse sociologique très loin : faut-il vraiment passer beaucoup de temps au travail pour aboutir à un travail de qualité, surtout dans les jobs du conseil. Nous en reproduisons ci-après le résumé traduit par nos soins.

Dans de nombreux emplois professionnels, on s’attend à ce que l’on soit un  » travailleur idéal  » – entièrement dévoué et disponible pour l’emploi, sans que des responsabilités personnelles ne s’y opposent. Alors que les femmes se débattent plus ouvertement avec cette norme, dans les conflits au sujet des congés de maternité et de la garde des enfants, de nombreux hommes sont également aux prises avec cette attente. Ils peuvent y résister en réduisant leur charge de travail, tout en continuant à  » passer  » pour le super-héros bourreau de travail et se conformer ainsi aux  valeurs de leur entreprise. D’autres hommes rencontrent plus de difficultés à ce sujet avec leur employeur, ce qui peut entraîner des sanctions et conduire à leur marginalisation. L’une des implications critiques de cette recherche est que le travail de haute qualité n’exige pas nécessairement de longues heures de travail. Les hommes qui « passent » leur travail en faisant semblant de travailler plus qu’ils ne le font montrent qu’il est possible de réorganiser le travail pour qu’il prenne moins d’heures par jour.