En ces temps de flexibilité généralisée et de recherches par le consommateur d’une satisfaction à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit, il est bon de rappeler que le travail de nuit a une influence considérable sur la santé des salariés. Nous reproduisons ci-après un extrait du Bulletin épidémiologique hebdomadaire consacré à ce problème. Et l’on mesurera le tropisme biaisé de nombreux médias lorsqu’ils rendent compte de ce document : ils se focalisent sur un point particulier – la durée du sommeil des Français – sans véritablement s’apesantir sur les causes de la réduction du temps de repos des individus et des causes structurales qui conduisent à une telle situation.

Nous rappellerons que le constat avait déjà été fait par l’ANSES dans un rapport d’expertise de 2016 et les recommandations formulées à l’époque concernaient notamment la nécessité d’éviter de banaliser le travail de nuit.

Le recours au travail de nuit, au travail posté (ou travail en équipes successives, comme le travail en 3 x 8 heures) et plus généralement à tous les modes d’organisation du temps de travail situés en dehors du cadre de la journée et de la semaine de travail standard, se développe rapidement en France et à travers le monde. Ces formes horaires de travail s’accompagnent, chez les travailleurs exposés d’une désynchronisation des rythmes biologiques normaux, calés sur l’alternance jour-nuit, à l’origine de troubles du sommeil et notamment d’une diminution de la durée quotidienne de sommeil. Les perturbations du rythme liées aux horaires de travail décalés peuvent avoir de multiples répercussions sur l’état de santé : diminution des performances cognitives, troubles de la santé psychique, troubles métaboliques (obésité, diabète de type 2), maladies cardiovasculaires (maladies coronariennes, hypertension) et cancer 1. Le « travail posté (shift work) entraînant des perturbations du rythme circadien » a ainsi été classé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme cancérogène probable, et il pourrait notamment augmenter le risque de cancer du sein 2.

Parmi les formes de travail à horaires atypiques, le travail de nuit est à l’origine d’une désynchronisation complète du rythme circadien 3. Le travail de nuit peut lui-même revêtir des formes variées, dont les conséquences sur l’état de santé pourraient être plus ou moins importantes en fonction du degré de désynchronisation circadienne. Dans une optique de santé publique et de surveillance, il importe non seulement de repérer les métiers et les secteurs d’activité les plus exposés, mais aussi de caractériser le travail de nuit en fonction de différents critères de fréquence (habituel ou occasionnel), d’horaires fixes ou alternants et, si possible, de durée des postes de travail ou de nombre de nuits consécutives 4.

En France, la prévalence globale du travail de nuit a été documentée au travers de l’enquête Sumer, dans laquelle 14,5% des salariés avaient déclaré travailler de nuit en 2010 5. Ce chiffre n’est pas directement extrapolable à l’ensemble des travailleurs en France car cette enquête est réalisée auprès de travailleurs salariés et ne renseigne donc pas sur le travail de nuit chez les travailleurs indépendants. La Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) a également publié des données de prévalence du travail de nuit entre 1991 et 2012 à partir des données de l’enquête Emploi, montrant une prévalence globale de 15,4% de travailleurs de nuit en 2012 chez les salariés 6. Toutefois, une caractérisation plus précise des horaires de travail mérite d’être effectuée sur l’ensemble des travailleurs en France.

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