Nous avons plusieurs fois évoqué la notion de charge de travail. Nous avons montré qu’elle est intimement liée au temps de travail. D’ailleurs, la charge de travail doit être évoquée lors des entretiens annuels d’évaluation.

La notion de pénibilité intervient à un autre niveau. Toutes les entreprises sont concernées et les enjeux ne sont pas minces. La notion de pénibilité intervient pour définir des techniques de compensation mais également pour faciliter le départ à la retraite du salarié.

Sans compter bien sûr que l’employeur qui ne tiendrait pas compte de la pénibilité des emplois qu’il propose pourrait être condamné au titre du manquement à son obligation de sécurité.

Dans ce cadre, les facteurs de pénibilité ont été explicités dans un rapport de la DARES dont nous reproduisons ci-après un extrait :

Pour les expositions :
– la pénibilité physique : l’indice est la somme des indicatrices associées aux quatre risques suivants : subir au moins trois contraintes physiques lourdes (parmi : porter des charges
lourdes, effectuer des déplacements à pied longs et fréquents, rester longtemps dans une posture pénible ou fatigante à la longue, effectuer des mouvements douloureux ou fatigants, subir des secousses ou vibrations), subir un bruit intense, respirer des fumées ou des poussières, être exposé à des produits toxiques ; il varie donc de 0 à 4.
– les contraintes d’organisation du temps de travail : l’indice est la somme des indicatrices associées aux huit risques suivants : travailler de nuit (plus de 50 nuits par an), travailler le dimanche (plus de 40 dimanches par an), avoir une durée du travail supérieure à 42 heures par semaine, ne pas connaître ses horaires du mois suivant, devoir emmener du travail chez soi, avoir été joint plus de 20 fois dans l’année écoulée par des personnes extérieures à l’entreprise pour les besoins du travail, ne pas pouvoir s’absenter quelques heures de son travail en cas d’imprévu personnel ou familial, avoir des horaires qui ne s’accordent pas avec les engagements sociaux et familiaux hors travail ;

– l’intensité du travail : l’indice est la somme des indicatrices associées aux six risques suivants :

  • avoir un rythme de travail imposé par au moins trois contraintes,
  • devoir se dépêcher (toujours ou souvent),
  • travailler sous pression,
  • recevoir des ordres contradictoires,
  • continuer (toujours ou souvent) à penser à son travail même quand on n’y est pas,
  • effectuer une quantité de travail excessive ;

– les conflits éthiques : l’indice est la somme des indicatrices associées aux cinq risques
suivants : devoir faire des choses qu’on désapprouve (toujours ou souvent), ne pas pouvoir
faire du bon travail-devoir sacrifier la qualité (toujours ou souvent), ne pas éprouver la
satisfaction du travail bien fait (toujours ou souvent), ne pas avoir l’information suffisante
pour faire correctement son travail, devoir faire trop vite quelque chose qui demanderait
davantage de soin (toujours ou souvent) ;

– la demande émotionnelle : l’indice est la somme des indicatrices associées aux cinq risques
suivants : vivre des situations de tension avec le public, devoir calmer des gens, travailler au
contact de personnes en situation de détresse, devoir cacher ses émotions ou faire semblant
d’être de bonne humeur (toujours ou souvent), être bouleversé, secoué, ému dans son
travail (tous les jours ou presque, ou souvent) ;

– l’insécurité de la situation de travail : l’indice est la somme des indicatrices associées aux
quatre risques suivants : craindre pour son emploi dans l’année qui vient, craindre une
mutation dans l’année qui vient, vivre des changements imprévisibles et mal préparés
(toujours ou souvent), avoir peur dans son travail pour sa sécurité ou celle des autres (toujours,
souvent, ou parfois).

  • Pour les ressources :
    – l’autonomie : l’indice est la somme des indicatrices associées aux sept ressources suivantes : pouvoir interrompre momentanément son travail quand on le souhaite, régler soi-même les incidents la plupart du temps, pouvoir modifier les délais, pouvoir intervenir sur la quantité de travail attribuée, avoir un travail où l’on ne répète pas continuellement une même série de gestes ou d’opérations, avoir l’occasion de développer ses compétences professionnelles (toujours ou souvent), pouvoir apprendre des choses nouvelles dans son travail ;
    – le soutien social : l’indice est la somme des indicatrices associées aux six ressources suivantes
  • disposer d’une coopération suffisante pour réaliser correctement son travail ; avoir l’impression de faire partie d’une équipe (toujours ou souvent) ;
  • recevoir l’aide de son supérieur en cas de travail délicat, compliqué ; recevoir l’aide de ses collègues en cas de travail délicat, compliqué ;
  • avoir un supérieur qui prête attention à ce qu’on dit (toujours ou souvent) ;
  • être traité de façon équitable au travail (toujours ou souvent) ;
  •  la reconnaissance : l’indice est la somme des indicatrices associées aux trois ressources suivantes :
    • avoir l’impression d’être utile aux autres (toujours ou souvent),
    • recevoir le respect et l’estime que mérite son travail (toujours ou souvent),
    • être fier de travailler dans son organisation (toujours ou souvent) ;

Logiquement, on constate que les indices intègrent la problématique du temps de travail.

Pratiquement,

Seuls 6 des 10 facteurs de risques professionnels concernés par le dispositif pénibilité permettent d’acquérir des points crédités sur le compte professionnel de prévention (C2P) :

  • activités exercées en milieu hyperbare,
  • températures extrêmes,
  • bruit,
  • travail de nuit,
  • travail en équipes successives alternantes
  • travail répétitif.

Pour les salariés exposés aux 4 autres facteurs de pénibilité, il est prévu un aménagement du dispositif spécifique de compensation prévu depuis la loi portant réforme des retraites du 9 novembre 2010 (départ anticipé en retraite) :

  • manutentions manuelles de charges,
  • postures pénibles,
  • vibrations mécaniques,
  • agents chimiques dangereux.

Autrement dit, en dépit d’une évolution de la perception des modes de travail, seul le rythme de travail est pris en compte pour le compte professionnel de prévention.

N'attendez-plus, téléchargez dès à présent l’application MesHeuresSup et restez maître de votre temps

Recevez un lien de téléchargement

En vertu de notre Charte des Données personnelles et de la réglementation RGDP, les informations renseignées ne seront jamais conservées.

Les liens de téléchargement ont bien été envoyés !

N'attendez-plus, téléchargez dès à présent l’application MesHeuresSup et restez maître de votre temps